Les aventures de Spermula


Suite à un pari à la con sur l'auteur de Fantômette, me voilà avec trois épisodes de Spermula à me coltiner. Vive Enid Blyton !

Sanglée dans son harnais de cuir noir, guêpière et bustier si moulants que les pointes de ses seins s'échappaient sauvagement, Spermula errait dans les couloirs du château, traînant son ennui comme un vieux boulet. Aucune âme masculine ne croisait à proximité. La poitrine en poupe, la grande brune naviguait de corridors en galeries, faisant machinalement claquer son fouet comme d'autres tirent sur une clope. Quand soudainement, sortie de l'ombre… une ombre gigantesque se déploya. Spermula se cambra, inspira profondément, faisant jaillir sa croupe charnue d'un côté et sa poitrine fastueuse de l'autre, et hennit : " Baaaaaanquet ! ".

L'ombre se figea, tétanisée par le désir ou la peur, on ne sait trop, on n'est pas dans sa tête, même pas encore dans son sexe. Puis se retourna, et recula lentement face aux avancées vigoureuses de Spermula. " Non, Spermula, non, je t'en prie ", susurra-t-il (car c'était bien un mâle) d'une voix chevrotante, tel un agneau bêlant arraché aux tétines de sa mère. Mais son lymphatisme ne pouvait rien contre le pouvoir de la belle Spermula. Ses mouvements indolents, presque laborieux, rappelant vaguement ceux d'un bébé girafe handicapé, ne lui donnaient aucune chance de s'échapper. Acculé contre un mur sombre, il gémit, la nuque baissée : " Non, Spermula, je ne peux pas : j'aime Karine ". Les lèvres de Spermula se retroussèrent. Elle attrapa le menton du Banquet, le forçant à relever la tête et à plonger son regard dans ses yeux coruscants. " Déshabille-toi ", ordonna-t-elle. Il laissa échapper une plainte venue du plus profond de ses ossements, déglutit. " Mais, Spermula, j'aime Karine ", miaula-t-il dans les tons aigus. Un tantinet agacée, Spermula haussa ses rondes épaules : " Je ne te demande pas qui tu aimes, mais de te déshabiller. Et je n'aime pas me répéter ", martela-t-elle. " Mais, Spermula… ", bafouilla le Banquet, en dégrafant sa ceinture. Les yeux de la belle tombèrent. D'un geste léger, elle fit tomber le pantalon de l'apathique.

Long interlude. Le Banquet semblait statufié pour l'éternité, balbutiant des " Karine " à en écœurer la Ligue des Croqueuses. Spermula, qui avait pris les choses en main, paraissait interloquée. Etait-ce la pénombre ? Elle se pencha, fouilla, se releva, jeta un œil à sa proie, le lâcha, sortit de son sac une lampe de poche, se pencha à nouveau. Non seulement elle n'avait rien senti dans le creux de sa paume, mais rien de rien, elle ne voyait rien. Après moultes auscultations, elle aperçut enfin le sexe et déglutit. Microscopique. Quasiment indécelable à l'œil nu. Spermula se redressa, plaignant vaguement la fameuse Karine, espérant qu'elle goûtait les soirées lecture. Puis elle cessa de penser, son cerveau ayant accompli l'équivalent de deux journées de business. Ses hormones reprirent le dessus. Jamais Spermula n'avait été confrontée à pareil défi, et un sourire carnassier envahit son visage félin. Elle se mit à genoux, flatta, lécha, mordilla, aspira, massa avec ses énormes seins. Rude à la besogne, cette Spermula. Consciencieuse jusqu'au fond de la gorge. En haut, ça radotait sec : " Karine, Karine ", psalmodiait le Banquet. " La ferme ", beugla Spermula, perdant soudainement son légendaire calme, picotée à vif devant cet échec cuisant. Et c'est alors… qu'elle explosa de joie. Le sexe minuscule grandissait à une vitesse foudroyante, se transformant en trompe éléphantesque. " Ok, reçu, aime domination, vénère chieuses ", analysa le cerveau gauche de Spermula. " Vas-y, ventouse-moi ", ordonna la voix du Banquet, brutalement sèche et rauque. " Ok, reçu, aime dominer ", analysa le cerveau droit de Spermula. Ce qui généra immédiatement un conflit dans la masse gélatineuse du cortex. Spermula stoppa en plein élan, court-circuitée par ces informations contradictoires. " Multifonction, multifonction ", hurlaient les neurones affolés par cette soudaine agitation. Bug. Spermula s'évanouit.

" Argreubeugleu ", émit le Banquet, son appendice œdémateux à la main. Il se rua sur Spermula et la prit comme le sauvage qui sommeillait en lui. Cette expérience fantasmatique le marqua à tel point qu'il en oublia Karine et se mit à écrire des poèmes amourachés sur Spermula.

Y a t'il des volontaires pour inspirer les épisodes suivants ?


Valérie Bezard

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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