Parfum d'exil
Un bout d'ennui se décolle de ma façade. Personne ne l'a vu, je le ramasse d'un air détaché, et le glisse au fond d'une poche. Des ondes de solitude palpitent autour de moi. Je les sens, entends leur murmure désespéré. De quel puits inconnu émanent-elles ?
Au cœur de la foule ou au milieu d'amis, emportée dans un tourbillon ou encerclée de caresses au fond d'un lit, il y a toujours ce morceau de miroir brisé qui reflète des parcelles de désert, qui exhale un parfum d'exil.
Il n'est pas la réponse. Il n'y a jamais de réponse.
Il manque toujours un brin d'amour, ou une parcelle d'espoir. Cette absence qui barricade tout avenir. Je suis condamnée à m'arrimer solidement au présent, obligée de m'abriter au fond de moi-même pour survivre. En bas, une petite voix murmure : " Cesse de te laisser ballotter par les flots, les reflux extérieurs : tu n'es pas un bateau, tu as une ancre ". Seule l'encre m'amarre quelques heures dans une crique. Puis, à nouveau, je dérive. Au hasard des vents bouillonnants et glacés.
Sans amarres, impossible de naviguer librement. Sans pôle sécurisant, difficile d'oser s'éloigner du bord pour parcourir le monde.
Sans racines, on ne peut pas voler.
Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
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