Nuit de pâmoison


Regards qui se quêtent, s’évitent, hésitent. Corps qui se rapprochent, subrepticement. Jusqu’à s’effleurer. Pas de parole. Tout est dit. Pupilles dilatées, cœurs tambourinant, mains qui se cherchent se joignent se scellent, bouches qui se gravent l’une à l’autre avant d’éclater vers d’autres parcelles de peau.

Incartades de langues glissant lentement vers les sources du plaisir, souffle suspendu, retenu, contenu, jusqu’à défaillir. Cœurs à corps enfiévrés, extatiques, corps soumis, corps déchaînés, osant la gamme indécente et ondoyante de cette sérénade coruscante. Symphonie ludique et effrénée, orchestration puissante des oscillations, rythmes basculés vers l’infini. Rencontre de deux astres, perdus dans l’univers, big bang, dissolution.

Les poussières d’étoiles se désagrègent, retombent sur terre.

Il s’affaisse sur l’oreiller, épuisé, mais tendre, se tourne vers elle. Elle le regarde, elle va parler, il attend. Il attend l’aubade de sa voix pour coter sa mâle performance.

« Chéri, on peut changer d'chaîne maintenant ? »


Valérie Bezard.

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