La molécule du bonheur


Quand il se leva, il était 14 heures passé. Il n’eut pas un regard pour le soleil éclatant, se traîna jusqu’à son armoire à pharmacie. Il prit plusieurs flacons, chancela jusqu’à la cuisine, remplit un grand verre d’eau et s’affala sur une chaise. Il déboucha les fioles méthodiquement. D’abord l’anxiolytique. Puis une gélule de quiétude. Une autre de confiance en soi. Deux de confiance en autrui. Il avala une grande rasade d’eau, et ouvrit le frigo. Avec un soupir devant cette désertification glaciaire, il se prépara une tartine de vieux pâté. Puis ingurgita deux gélules de volupté, trois de tonus musculaire. Nouvelle pause, avec un fond de yaourt légèrement verdâtre. Pour terminer, il absorba quatre comprimés de bonheur. Et attendit, les yeux dans le vague. Quelques minutes plus tard, un vague sourire se gribouilla enfin sur son visage terne, puis s’effaça après une vingtaine de secondes. Il se leva, retourna se coucher. En attendant le soir, le moment de savourer à nouveau ces quelques instants de plénitude.


Valérie Bezard

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


Accueil
Accueil
Les éditos
Les éditos
Les textes
Les textes