Faut les calmer les libidineux !
Parce que dans la famille hormones en furie, inutile de se demander lequel des deux a les plus dilatées. Et c'est bien beau de nous la jouer " Il fait chaud, on n'en peut plus, c'est pas not'faute, je récite deux pater et trois avé et j'suis pardonné, alléluia, je peux m'branler " (ah non, ça c'est Gilles, bonjour le cercle des zauteurs quincaillesques…).
Nan mais franchement, faut s'calmer les choubidous. A-t-on pas idée de se mettre dans des états pareils parce que le thermomètre affiche un malheureux p'tit 35° ? Et encore, on s'demande où il vit l'Ysab, parce que 35 à 22h30 ces jours-ci, soit son thermostat interne a emmagasiné une chaleur sud tropicale, soit il a émigré au fin fond d'un volcan. En arriver à se coller à son ordi en imaginant de pauvres innocentes zauteuses nues…
Moi, quand j'ai chaud, ça ne me fait pas cet effet-là. Quand j'ai chaud, je commence par m'abreuver délicatement avec un thé glacé. Bien glacé. Si nécessaire, j'ajoute quelques glaçons. S'il fait vraiment très chaud, j'en léchotte distraitement un, de loin, l'air de ne pas y toucher (sinon ça fait mal, on ne sait pas si ça glace ou si ça brûle, c'est dommage…). Si la chaleur est vraiment torride, je tente des expériences insolites : en combien de temps fondra-t-il sur ma peau brûlante ? Je le pose sur les tempes, le coin des lèvres, le fait glisser lentement, en retenant ma respiration, le long du cou, puis des épaules. Légère suffocation. Incapable d'esquisser le moindre mouvement, je laisse le glaçon prendre la direction qu'il voudra. Déjà largement diminué, il semble pourtant devenir soudainement vivant, oscillant entre la pointe des seins et l'inévitable tentation de descendre plus bas, subissant les lois de l'attraction terrestre. Autant ajouter un ou deux autres glaçons pour venir à sa rescousse. Les regarder glisser, lentement, légèrement frissonnante alors que le thermomètre ne faiblit pas, que pas un souffle d'air ne fait frémir les arbres.
Variante dans un lieu public : la glace tant espérée, sous 38° à l'ombre. En cornet ou bâtonnet, peu importe. L'essentiel est de s'installer confortablement, afin de la savourer lentement sans être obnubilée par la coulée fulgurante. Se placer si possible face à un être masculin doté d'un certain charme. Lui jeter un coup d'œil nonchalant. Puis se concentrer sur sa glace. L'observer, sans se catapulter dessus comme une brute assoiffée de fraîcheur. La humer, légèrement, à distance. Puis l'approcher doucement, tout doucement, de ses lèvres. Les poser délicatement dessus, avec un gracile frémissement, comme si vous en rêviez depuis longtemps. Donner quelques petits coups de langue infimes. Lever les yeux vers son vis-à-vis, pour voir s'il suit. Continuer de déguster la glace, en alternant fines succions et aspirations plus profondes. Soudainement, prendre un air terrassé par la chaleur et plonger la glace au fond de sa bouche, puis la faire glisser au bord des lèvres, et inverser le mouvement. Cette fois en lui adressant un regard pénétrant, avec au fond de la prunelle les étincelles du plaisir infini qui goutte en vous.
La chaleur est montée d'un coup, mais vous vous sentez agréablement rafraîchie. Lui, théoriquement, a besoin de quelques bières bien fraîches pour s'en remettre.
Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
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