Cinq minutes
Il répondait systématiquement à chaque sollicitation : « Cinq minutes ». Il avait toujours quelque chose à faire avant, avant d’aller travailler, sortir chez des amis, jouer avec les enfants, chercher du pain, dresser le couvert, réparer le lave-vaisselle, faire l’amour. Jamais prêt à l’heure, toujours en retard à ses rendez-vous. Pas tout à fait disponible quand on avait besoin de lui. Pourtant, son entourage ne parvenait ni à lui en vouloir ni à l’accuser de mauvaise volonté : il répliquait avec le sourire et s’exécutait peu après. On pouvait lui demander n’importe quel service, jamais il ne refusait. Il suffisait juste de patienter un peu. De s’habituer à son besoin de traîner en chemin.
Aussi, quand la mort se présenta, elle s’assit tranquillement et attendit les cinq minutes requises si gentiment.
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Un petit commentaire pour le zauteur...
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