Pour mémoire.


Derrière les grands volets blancs
du bâtiment blanc,
à Montord,
on cache, on cache ...

Toute la tristesse du monde,
effacée par ce blanc,
silencieux, froid,
qui ne juge pas,
mais condamne.

Toute l'injustice de ce monde
qui, non, ne nous fait pas naître
libre et égal,
ni devant la beauté,
ni devant l'amour.

Mais rien n'y fait,
ni la blancheur,
ni le silence,
et de Montord
se répand
dans tout l'univers
le noir du malheur et de la souffrance
que l'on a si bien
tenté de cacher ...

Derrière les grands volets blancs
du bâtiment blanc,
à Montord,
ils naissent, et vivent,
et meurent.


Philippe Banquet

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