On a cru.


On a cru longtemps qu'on serait les premiers,
Tout nouveau tout beau, de nos larges idées
Et le monde, charmé, traînerait à nos pieds,
Triomphants, vainqueurs, forts de nos vérités.

On a cru longtemps qu'on serait les derniers,
Et le vent soufflait, la tempête, on riait.
Immortels, géants, méprisant des relèves,
Et le temps, sans prise, faisait glisser nos rêves.

Mais les choses sont rudes et nos âmes fuyantes,
Triste réalité et chaque fois gagnante,
Tant de lances rompues contre vos expériences,
Sans un pouce de chance face au perdu d'avance.

Notre glas peut sonner et vos gens ricaner,
Nous gardons l'élégance de nos espoirs fanés,
Nos silences sans tâche au bruit de nos défaites,
Seuls, intacts, sous vos tristes conquêtes.


Philippe Banquet

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