Nager.
J’aime nager.
J’aime nager longtemps, la brasse, sentir mon corps s’installer dans la durée, la répétition patiente des gestes, le temps qui glisse très lentement dans l’eau, de longueur en longueur, l’esprit qui vagabonde mais les muscles qui restent précis, obéissants à l’impératif de l’eau, celui de la vie forcément animale.
J’aime nager vite, le crawl, la machine vivante traçant dans le flot un sillon fugitif, la respiration contrainte et la vitesse, lisser les gestes, limer la moindre aspérité pour se sentir requin, affuté acéré vers le but, et cette fluidité rêvée loin des accidents du monde.
Philippe Banquet
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