Poème des uns sont les autres


Tous ces gens de la foule croient que je suis comme eux qui ne te connaissent pas. Ils ignorent que je te porte en moi et que ce secret me rend différent, une secrète différence, invisible mais réelle et qui, s’ils savaient, les feraient se sentir vides et presque morts de n'avoir nul secret en commun avec toi.
Leur silence couve de gris uniforme la joie de notre musique, inaudible au poids de leur malheur.

Tu es l'amour, qui transmue le je en nous et nous sauve d'être engloutis parmi eux.

Le poème du je, si nous, donc eux.
Une seule toi, à chacun de trouver la sienne...


Philippe Banquet

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