Karine et le loufiat.
Dans un bar. Je me mettrais à danser le kazatchock à poil sur la table en scandant le prologue de la Légende des Siècles, aucun serveur ne me remarquerait. Probable qu'ils vaporisent à l'entrée une mystérieuse substance, les types de mon genre en deviennent invisibles et inaudibles. Ou peut-être une malédiction ancestrale, un de mes prédécesseurs génétiques a dû massacrer un lycée hôtelier complet avec sa horde de barbares. Depuis nous sommes condamnés à nous morfondre à attendre l'entrée en contemplant les derniers arrivés finir leur dessert.
J'exagère. Il m'arrive d'être servi. Par exemple, à l'hôtel, je m'enfonce à peine dans ma sieste que surgissent les aspiratrices, chargées de couvrir mes ronflements en traquant ma saleté dans les moindres recoins de la chambre. Elles ne disent rien, bien sûr, mais leur regard me transforme instantanément en gros porc vautré dans sa fange, surtout qu'en général un slip d'occasion trône sur le bidet de la salle de bains, oriflamme de ma supposée perversité.
Miracle. Karine arrive, sourit, m'embrasse, s'assoit à la table. Et toutes les particules qui me traversaient sans dévier d'un milliardième de micron s'organisent tout à coup, le ballet cosmique à trouvé son centre, l'ordre règne, l'univers danse autour de mon soleil, le loufiat se métamorphose en être humain, frères en amour nous devenons.
"Vous reprendrez bien un café, c'est la maison qui régale".