L'ivre flamboyant.


Traçant la lune aux craies des réverbères,
Et mon ombre à mes pas bien étrange danseuse,
Je pianotais, tremblant, sur de fuyants trottoirs,
Et je riais, sonore, d'improbables histoires.

Ma folie, si tu veux, j'en fais un drapeau noir.
Et la nuit m'encourage, droit devant, va, rêvant.
Je suis vaillant, encore, rescapé de naufrage.
Du bateau rien ne reste, qu'un éclair dans ma tête,
Qui me scie tout du long, brave, oh brave matelot.

Et je suis à cheval, et je suis chevalier,
M'éprenant, bien en peine, d'elle et de moulins.
Et suant je m'escrime, et de plume et d'épée,
Je tombe, et debout, je tombe, et tout beau,
A ma bonne tienne, vaillant coeur, je demeure.

Ainsi riez, bien dormants, bavards, outrecuits,
Je passe, et mes relents sont vos regrets.
Criez, rascasses, de vos polices priez rescousse,
Décrépits, desséchés, souvenir de vos soifs
                 Je passe, et mon amour est votre mort.

De la fête, en effet, au ciel, au vent, au diable.


Philippe Banquet

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