Histoire d’histoire.
Parfois une histoire commence. Elle nourrit de minuscules racines à partir d’une impression, d’un sourire, d’une intonation, d’un mot, d’un furtif regard ou d’un parfum, ou d’un partage, d’un geste, un frôlement, une question, une façon de parler, un espoir. Très vite on sent qu’elle pourrait vivre, grandir, se renforcer de deux volontés, de deux désirs, d’une réalité esquissée, de rêves qui se rencontrent et se reconnaissent. Une histoire est née.
Mais, parfois, l’histoire s’échappe. On a beau essayer de la rattraper, rien n’y fait, il est si tôt et déjà trop tard. A un certain point elle bascule, s’inverse, tout ce qui rapprochait divise, tout ce qui attirait repousse, la petite pellicule de glace qui nous séparait mais commençait à fondre s’épaissit d’un coup, dresse un miroir déformant, les sourires deviennent grimaces, les mots se font durs, cassants et l’histoire agonise, sous nos yeux, sans que rien ni personne ne puisse la sauver.
Heureusement les histoires sont innombrables et peuvent éclore aussi longtemps que nos cœurs gardent nos yeux ouverts à la force universelle qui anime nos possibles, l’amour.
Philippe Banquet
Lire les comment taire et donner le tien