Essayages transformés.


Karine est de sortie et moi avec. Ce n'est pas que ça m'enchante, soirée copines de boulot, vous imaginez, mais ce n'est pas mon tour de décider. D'ailleurs quand j'y pense, c'est rarement mon tour, je dois être plombé à sa loterie personnelle : la grande roue tourne, tourne, amorce un ralentissement devant moi mais finit presque toujours par arrêter sa course entre les seins de Karine. Je la comprends, c'est la place idéale.

A cet instant précis de l'avant soirée le problème majeur de l'humanité c'est la tenue de Karine. Et plus précisément, l'alternative cruciale, la petite jupe rouge qui met en valeur ses adorables fesses ou la robe verte qui offre sa poitrine au désespoir strabique de la concurrence. Heureusement je suis là, juge suprême, ultime Salomon de la chambre à coucher. Mon avis ? Mon avis, euh, oui, mon avis ? Quoi qu'elle porte elle m'est irrésistible, et quand elle ne porte rien …

Finalement il a fallu organiser un test comparatif, Karine a l'esprit scientifique. Elle a donc insisté pour utiliser un instrument objectif, le seul capable de mesurer le potentiel de sensualité de chacune des tenues candidates. Malheureusement le protocole expérimental exigeait tellement de concentration que nous en avons oublié le but de l'expérience, l'heure qu'il était et même l'existence d'un monde extérieur.

Au petit matin, Karine a conclu que, finalement, c'était encore moi qui lui allait le mieux.


Philippe Banquet

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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