Bach et la petite grande pianiste chinoise.


Parfois il suffit de laisser se poser les mots : Zhu Xiao-Mei, les Variations Goldberg.

Aussitôt apparaissent une petite femme au visage lisse et grave, humble et intense, un piano immense et la musique.

Elle salue, s’assoit, chacun retient sa respiration. Les premières notes naissent, elle ne joue pas, elle est en délivrance ; l’aria magique s’élève note à note de son âme, et sa danse gracile, innocente, fragile, monte, monte et nous transporte, jusqu’au-delà, vers cet ailleurs que Bach nommait Dieu et qui est peut-être l’ultime justification de notre humanité.

Une pianiste chinoise et un vieux maître allemand, ce soir encore, prouvent non seulement que la musique est le langage commun de l’amour, mais qu’elle participe de cette vibration qui donne son sens à l’univers.


Philippe Banquet

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