Vive le progrès.


Plus je vieillis plus ma retraite s'éloigne. Curieux phénomène, peut-être lié à mon exceptionnelle jeunesse de corps et d'esprit (oui, parfaitement, je reste très jeune d'esprit, par exemple la vision fugitive d'une culotte féminine serrée entre deux cuisses m'émeut encore, depuis le temps !). L'âge ne fait qu'exacerber le dynamisme de mes cellules, pourtant je ne suis pas sous perfusion de Vittel.

En réalité c'est le capitalisme qui nous maintient jeunes. Du temps du socialo-bolchevisme imposé à notre beau pays par les hordes révolutionnaires à la solde de Satan, nous étions chétifs, malingres, à demi impotents. 35 heures par semaine représentaient le maximum de nos capacités productives, à soixante ans il nous fallait lâcher prise, abandonner l'effort national et vivre au crochet des jeunes générations.

Heureusement la médecine sociale a fait d'immenses progrès ! Bientôt nous pourrons œuvrer dans la joie soixante heures par semaine, soixante ans d'affilée. D'autant que la diététique comportementale, mise au point par les plus grands scientifiques de Wall Street nous permettra de vivre beaucoup plus heureux avec beaucoup moins d'argent : un salaire moyen calqué sur celui du Bangladesh nous permettra largement de payer notre loyer, nos impôts et de faire le bonheur de tous les saints actionnaires du Paradis sur terre, les Etats Unis.

Dieu est grand, dollar et euro sont ses prophètes et sa joie se mesure à la progression du Dow Jones.


Philippe Banquet

Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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