La vie après la vie et autres fadaises.


Y a t'il une vie après la vie ? On ne sait même pas vraiment ce qu'est la vie, quand elle commence, quand elle s'arrête, la bataille fait rage pour établir sa définition. D'ailleurs l'une des caractérisations avancées pour ce phénomène, c'est la mort : est vivant ce qui peut mourir. Alors, dans ces conditions, la vie après la mort serait une contradiction en soi.

N'empêche. Des fois, je sors dans mon jardin, oui j'ai un jardin, je lève le nez et je vois toutes ces étoiles. Pourquoi je lève le nez ? Ben, je n'aime pas me regarder pisser, on a ses délicatesses, ou juste au début pour m'assurer que le jet ne vient pas asperger mes chaussures et à la fin pour procéder au rangement du matériel. Pourquoi je pisse dans le jardin ? L'impression de liberté que procure ce geste, et puis ça contribue à repousser les mauvaises herbes, écolo dans l'âme, moi, dans la vessie aussi.

Oui, les étoiles. Sont-elles vivantes ? Après tout elles naissent, elles croissent, elles meurent, trois des critères nécessaires pour qu'une structure soit déclarée vivante. Manque un truc : la reproduction. autre élément essentiel dans la définition de la vie. Voilà peut-être pourquoi nous sommes obsédés, toujours prêts à nous plonger dans une séance d'entraînement intensif, rude discipline gymnique mystérieusement écartée des jeux olympiques, le coït. Je me demande si les étoiles pratiquent la copulation ? Un kamasutra galactique, éjaculation cosmique, drôle de voie lactée. Hélas, les pauvres ne connaissent pas les joies de la reproduction par frottement mutuel, c'est sûrement pour ça qu'elles font tapisserie dans le ciel même au bal du quatorze juillet.

Ainsi notre vie ne serait qu'un court passage sous les étoiles et basta. Après, dissolution, retour poussière, poussière qui part dans la recycleuse universelle, pour, un jour, contribuer à constituer quelque chose, ou quelqu'un. Quelqu'un qui, peut être, sous les étoiles, pisse en se demandant …

Je me sens plus léger, d'avoir pissé, d'avoir maté les étoiles aussi, qui sait ? Je me rentre, je me colle devant la télé, petite mort du solitaire par arrêt du cerveau à la troisième pub. Après tout, s'il y a une vie après la télé, pourquoi pas après la vraie mort ?

Conclusion, Descartes avait raison : urino, cogito, ergo sum.


Philippe Banquet

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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