Ségolène et moi.
Nous y voilà. Les socialistes ont décidé, confortable majorité. Strauss-Kahn et Fabius peuvent rallier leurs maigres troupes pour conserver leurs épaulettes, la Générale triomphe.
Notez que, logiquement, cela ne devrait pas me concerner, l'avis des socialistes, puisque je ne le suis pas, socialiste. En quoi la soudaine irruption du bon chic poitevin dans la dramaturgie sociale-démocrate devrait-elle changer mon opinion ?
Pourtant, si. J'ai beau me pincer, aïe, me raisonner, " Allons, tout n'est que billevesées face au gouffre béant vers lequel notre civilisation tend à se précipiter ", rien n'y fait. Je sais que, tôt ou tard, cette femme va me contraindre à un choix déplaisant. Malédiction, fatalité ?
Au mieux je glisserai dans l'urne un bulletin maugréé, Ségo c'est moins trop que Sarko. Au pire, la gauche ayant encore chuté faute d'avoir pu convaincre qu'une énarque pure race pouvait s'encanailler à se soucier des petites misères des petites gens, je serai amené à me crever les yeux et le cœur pour voter, Sarko, tout vaut mieux que Le Pen.
Et merci à vous, tristes roses, de verser votre soupe froide sur mes rêves d'avenir.