Réflexions économico-sportives.


Encore une histoire de dopage dans le cyclisme. Vous me direz, on sait, on sait, parle nous plutôt du bachelor ou de l’impact de l’interdiction du voile sur la libido des enseignants ...

N’empêche. Attendez, je me concentre : Karine est partie faire des courses, c’est plus facile.

...

On y va :

Le sport est l’idéalisation du capitalisme. Dans un environnement où les règles sont les mêmes pour tous, on crée des équipes les plus performantes possibles et, par le jeu de la concurrence, les records tombent et les meilleurs gagnent. De même, sur un marché, les entreprises s’affrontent en obéissant aux mêmes contraintes et font progresser la productivité, les ressources augmentent et donc le bien-être général. Les gens les plus efficaces sont les mieux rémunérés, les footballeurs les plus doués touchent un max, tout est dans l’ordre.

Seulement il suffit que quelques uns trichent et rien ne va plus. La moindre distorsion dans le respect des règles provoque un effet boule de neige : celui qui se dope va plus vite plus fort plus longtemps, il gagne. Du coup, les autres, dévalorisés, sont peu à peu obligés de s’y mettre. Au bout d’un moment tous les concurrents se dopent. Certes, ils finiront par tomber malades, mourront plus tôt, mais cela n’a pas d’impact car c’est du long terme et le sport, comme le capitalisme, ne s’intéresse qu’au court terme.

En économie idem : si un pays fait bosser plus ses malheureux citoyens et les paye moins, il prend des parts de marché. Peu à peu les autres pays se voient obligés de baisser les salaires, d’augmenter la durée du travail et de réduire les charges. Au bout d’un moment toutes les protections sociales s’écroulent, les travailleurs sont de plus en plus exploités, ça finira par une révolution, mais cela n’a pas d’impact car c’est du long terme et le capitalisme, comme le sport, ne s’intéresse qu’au court terme.

Conclusion : quand Karine n’est pas là, je me prends pour Karl Marx.


Philippe Banquet

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


Accueil
Accueil
Les éditos
Les éditos
Les textes
Les textes