Petite leçon de choses.
Grande merveille que ce monde où tout est gratuit. Tout, j'exagère, mais déjà tant de choses. Dernière en date : le journal. Oui, à Paris, dans le métro, on vous offre un journal, un vrai, avec des informations, des opinions, de la politique, même l'horoscope, et c'est écrit par de vrais journalistes !
Qui nous gâte comme à la Noël de notre enfance, qui prend soin de nos euros qui peuvent rester bien au chaud au fond de nos poches ? La publicité, mes amis, cette déesse moderne de la générosité. Grâce à elle, nous traversons un monde enchanté, fait de gentillesse, de sollicitude et de gratuité.
Voyons, voyons, tentons ce raisonnement à deux balles qui fit ma gloire dans les collèges (enfin, ma réputation venait surtout de mon incroyable don pour les pets à trémolos). Le journal est gratos, c'est la pub qui paye les frais. A quoi sert la pub ? A vendre des produits. Qui paye la pub ? La société qui vend le produit. Avec quel argent ? Celui des ventes évidemment (j'ai failli ajouter ducon, mais quand je réfléchis je me parle à moi-même, alors respect). Qui achète les produits ? nous, bien sûr. Alors qui paye le journal ? Nous. Super, finalement, le journal qu'on m'a offert, c'est nous qui l'avons payé. La vie est si simple. Donc, le brave habitant de Chantelle qui va faire ses courses chez l'épicier du coin ou à l'hyper de Moulins, il le paye le journal. Sauf que lui il le lira jamais, du moins tant que la ligne Porte de Clignancourt Porte d'Orléans ne sera pas prolongée jusqu'à Porte de Chantelle. Et le Rémiste qui mendie ses trois millièmes d'euros pour acheter sa pitance, il raque aussi.
Merveille du système économique moderne : tout le monde paye pour quelques uns, et personne ne choisit ce qu'il achète. Même qu'ils appellent ça la démocratie.
Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
![]() Accueil | ![]() Les éditos | ![]() Les textes |