Un trou noir dans le calendrier.


Novembre, le mois pour rien. L'été s'est fait la malle, il a résisté jusqu'à la fin octobre, quelques petits raids de soleil sur les rousseurs de l'automne, et puis plus rien, la bataille est perdue. L'hiver est encore au lit, les amateurs de neige doivent patienter. Entre les deux, pluie, brouillard, brouillard, pluie. Dieu se repose l'imagination, peut-être qu'il prend ses vacances, dans un autre univers, peinard, les pieds en éventail et la barbe au chaud.

C'est un mois où rien ne se passe. Autrefois on avait le Beaujolais nouveau pour se consoler, la petite fête des copains. Mais Brassens est parti boire ailleurs, en tandem avec René Fallet, et le beaujol' s'est poussé du col pour se la jouer vinaigre de luxe, ce qui prouve qu'on n'a pas forcément besoin de miel pour couillonner les mouches.

Contre ces temps de daube, où la Saint Cafard se fête chaque jour entre la Sainte Déprime et la Saint Suicide, il faut réagir, prouver qu'on y croit encore et que la vie n'est pas seulement un lent couloir gris vers la mort. Faîtes comme moi, résistez !

Il vous suffira pour contrarier la destinée de tomber amoureux de quelqu'un qui a eu la bonne idée de naître en novembre.

Et je propose d'attribuer une Légion d'Honneur d'honneur aux nobles coeurs qui ont eu l'élégance de voir le jour en ce mois, pour le plaisir d'offrir une fête en contre-tendance à tous ceux qui les aiment.

PS : quoi, Karine ? Ben évidemment qu'elle est née en novembre, puisque c'est un cadeau personnel du Bon Dieu…


Philippe Banquet

Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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