Manœuvres immobiles.


C'est reparti pour un tour. Le grand blocage général, tous aux abris. La Ratepeu, la SeuNeuCeuFeu, les profs, Air France, on va voir ce qu'on va voir, la grande guerre des retraites.

Curieux comme les retraites sont néfastes pour la grandeur nationale, ce n'est pas Napo qui dirait le contraire (quelle idée aussi de vouloir faire Snow Tour-Operator en Russie ). Enfin, respirons, nous sommes bien défendus. Nul doute que grâce à l'inaction de tous ces braves croisés des bras croisés, le gouvernement va reculer et décider de nous mettre au vert dès nos quarante ans (youpie, ils vont me rembourser le trop bossé).

Heureusement à Chantelle on est peinard : la grève, ici, c'est seulement une vague langue de sable qui se lave les pieds dans un détour de la Bouble. Evidemment si nous ne sommes pas concernés, c'est que des transports publics, dans notre bonne ville, il n'y en a pas guère, à part les soirs où la mère Lèchequeut oublie de fermer la fenêtre pendant qu'elle reçoit les hommages de son sous-lieutenant de réserve.

Pas de service public, pas de souci privé, voilà le secret du bonheur. Et tant pis si chacun à le choix entre bosser dix ans de plus pour financer l'indispensable voiture ou se résoudre à se ratatiner d'ennui dans sa bicoque, à observer le palpitant spectacle de la pousse des radis.

Au fait, si Dieu a fini par sous-traiter la gestion du monde aux capitalistes, c'est peut-être parce que personne ne voulait cotiser pour son éternité ?


Philippe Banquet

Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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