La main dans la culotte de la République.
Si on punit les premiers de la classe, où va-t-on ?
C’est vrai, voilà un pauvre homme qui a bûché toute sa jeunesse, Normale Sup’, l’ENA, des années à s’esquinter le dos, courbé sur des bouquins que seul leur auteur et des acnéiques persécutés par leurs parents ont lu (tu seras un technocrate, mon fils).
Vous savez pas vous autres, qui avez passé votre adolescence à tripoter l’autre sexe (enfin, le sexe des autres, on n’est pas regardant à cet âge) sous prétexte de travaux pratiques en biologie et à faire tourner le blaze pour étudier les effets de la rotation accélérée sur la gravitation universelle.
Notre jeune Alain, lui, quand sa bêbête le chatouillait, c’était vite fait de la main droite (déjà) en faisant gaffe de pas tâcher le dico ouvert à la page de « L’enlèvement des Sabines ». Une vie de larbin, les concours où fallait faire briller son savoir sans éclipser celui de l’examinator, les stages en sous-préfecture où fallait faire reluire la sous-préfète (du tempérament, garçon, c’est pour la République), faut ça pour devenir un pro de la brosse.
Et toutes ces années à cirer Chirac, par devant, par derrière, toujours impeccable le boss, mais pour ravoir ses ongles avant le dîner, des heures à frotter au-dessus du lavabo.
Tous ces efforts et faudrait dire adieu, pour des broutilles, des emplois fictifs qu’il n’était même pas au courant ? C’est trop injuste à la fin, on s’emmerde à voter des lois jusque tard dans la nuit pendant que les stagiaires distraient nos dames, en plus faudrait les respecter ? Mais alors, à quoi ça sert d’avoir toujours eu tout juste, si c’est pas pour faire du faux partout une fois qu’on est enfin arrivé ?
Quand même, de le voir tout penaud au coin avec son bonnet d’âne, le Lainlain, ça vous fait pas un peu comme si Yves Robert n’était pas mort ?