Je suis partout, le retour.


Je déjeune tranquillement, paf ! il tombe dans mon café (il croit quoi ? Que je vais acheter du café des hauts plateaux du Cantal ?).
Je pars au boulot : il s'invite sur le siège passager, histoire de vérifier que c'est bien une Pigeot.
Pause café avec les collègues : c'est lui qui sort du distributeur, tout rouge : ben non, personne a pris la soupe aux tomates de Provence (0,00001 % d'extrait lyophilisé).
Cantine : au milieu des frites, il déboule, mon steak en devient cinglé et rejoint l'Angleterre ("pas de pot, pas de poule, pas de poule au pot", la chanson de Ravaillac, mais je m'égare).
Au dîner, PPDA l'a invité à ma table. Je me dis tant pis, allons au resto : rien à faire, il est de sortie à toutes les tables autour de moi, même le serveur me le recommande comme plat du jour ("Profitez en, demain il sera avarié").

Il est partout, partout : sur les murs, à la radio, à la télé. Dans les cris de la rue, les discussions de bistrot, le chuchotis du confessionnal ("oui, mon père, j'ai fauté, gravement fauté, j'ai pas voté"). Dans les files d'attente, à la Poste ("on va les remettre au boulot, ces feignasses"), à la Sécu ("t'inquiète, bientôt on passera les premiers"), même mon dentiste me passe la fraise en pensant à lui (tu m'étonnes si j'ai souffert).
Je demande l'asile politique aux toilettes, fermé à deux tours sans proportionnelle : même là, rien à faire, je fais mon affaire, qu'est-ce qui reste ? Son programme électoral !

Alors, siouplait m'sieurs-dames , pitié pour nous, reconduisons le une bonne fois pour toutes à la frontière de sa bêtise, qu'on puisse souffler enfin et retrouver à la une la belle Naomi ou Zizou le magnifique, la vraie vie en couleurs, aux couleurs de nos désirs.


Philippe Banquet

Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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