Intermittence
Les intermittents sont en grève. Je les comprends. C'est vrai, voilà de pauvres gens qui font ce qui leur plaît, clowns, musiciens, comédiens, montreurs d'ânes, roadies (tu sais, ceux qui montrent la voie aux groupies, genre "ouaip, c'est pas celle du boss, mais elle lui ressemble quand même vachement, si, viens par là, tu vas voir").
Bien sûr ils sont payés au lance-pierres, ça leur gâche un peu le goût du pastaga qu'ils sirotent pensifs devant le téléphone ("ouais, j'ai un super plan, je connais la belle sœur du beau frère de la cousine de Goldman, il va appeler d'un moment à l'autre, ramène moi des glaçons je voudrais pas louper son coup de fil").
J'exagère. Toujours, mon problème, c'est l'exagération. Tous ces malheureux se sacrifient à la défense de la culture, si si, même quand elle se résume à s'affubler d'un caleçon qui fait pouêt pouêt dans les rues de Saint Trouducu de la Mouise le jour de la fête patronale (patronale, c'est la fonderie de loukoums locale qui raque). Vraiment, s'il ne faisait pas si chaud, je sens qu'une petite larme viendrait hydrater l'aile de ma narine gauche.
Mais il fait trop chaud pour pleurer. Je me console en tapant cet édito à l'abri de la cagna, vu que moi, je suis éditorialiste intermittent, pris dans l'engrenage fatal des sautes d'humeur de Karine, présentement sous la douche, et qui a abaissé le loquet sous prétexte que "oui, la douche avec toi, ça peut pas me rafraîchir, on finit toujours emberlificotés dans une vapeur de sauna".
Intermittent bénévole, le reste du temps je cotise pour que les vrais intermittents puissent monter des pièces d'avant-garde qu'un arriéré comme moi n'ira jamais voir.
Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
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