La guerre


En ce moment c'est le sujet. Les américains, l'Irak, l'ONU, tout ça tout ça.
Bien sûr, on s'implique, on s'indigne, on défend son opinion.
Il faut protester, se remuer, on ne peut pas laisser faire.
Bien sûr.
D'où vient alors ce sentiment diffus de grand-guignol ? En quoi mon avis va t'il changer quoi que ce soit ?
D'où vient cette impression d'artifice, de faire du vent pour le plaisir de se sentir vivant ?
Saddam, faut être honnête, je m'en balance. Si les ricains veulent sa peau, c'est leur problème, et je n'irai pas fleurir sa tombe. C'est un pourri, et après tout, un pourri de moins, c'est toujours ça de gagné.
Je sais, les innocents. Les bombes qui tombent toujours sur les têtes les moins protégées, les enfants déchiquetés et les mères qui pleurent.
D'accord, il faut empêcher ça. Et moi, je peux quelque chose, contre toutes ces logiques, politiques, stratégiques, financières ?
Vivre c'est peut-être juste ça, l'apprentissage de l'impuissance, et son acceptation.
On se débat, on se révolte,
on se résigne,
on se ratatine
et c'est déjà fini.

A moins qu'une vieille chanson ne nous revienne en tête, stupide, insistante,
comme un souvenir du temps où l'on se croyait invincible:
Non, non, …
… n'est pas mort …
… car il bande
ENCORE …


Philippe Banquet

Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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