Gastro.
J’ai su rester simple, un croûton frotté d’ail, fileté d’huile d’olive, bonheur.
Le pain : seconde fournée de l’antique boulangerie de Saint Mesdeux, pas celle de quatre heures, le Gaston a encore les yeux collés, pas celle de 6 heures, il revient de pisser.
L’ail : de Billom exclusivement, marbré, un filet de sang venant perler l’authentique de sa non blancheur. Se munir d’un masque chirurgical pour les étreintes post digestives.
L’huile d’olive : première pression à froid, glacée même la pression si on empathise un instant avec les olives. Olives cueillies, évidemment, côté soleil couchant de la ramure auguste d’oliviers centenaires situés à mi-pente d’un coteau orienté sud-sud-ouest pour atténuer la brûlure somptueuse du soleil de Toscane. Exiger un relevé cadastral, l’Italien est truqueur.
Et merde … moi quand j’ai faim, j’ai faim. Quand j’ai soif, j’ai soif.
Point.
Manger avec un gastronome, c’est comme regarder les étoiles avec un astronome ou écouter de la musique avec un métronome.
La gastronomie me gonfle, son discours, son rituel, son élitisme raffiné, vous savez, confiture aux cochons, tutti quanti. Z’avez le bonjour d’un cochon, je vous le dis tout net : le frottis d’ail me nique le palais et je ne m’infuserai pas un traité d’œnologie pour justifier du bonheur de partager un kil entre amis. Pour le vin, simplifions nous la vie : s’il est bon, tant mieux, s’il est mauvais, c’est toujours meilleur que de l’eau.
Je préfère le plaisir grossier de me rougir les doigts et le museau au pilchard, à même la boîte, assis sur le pas de ma porte, soleil couchant, et devenir en prime l’idole des chats du quartier.
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