France Telecom m'en veut !


Je suis un garçon gentil. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est ma mère, et c'est confirmé par sa concierge.

Pourtant France Telecom me déteste.

Parfaitement. Est-ce parce que je n'ai pas souscrit d'actions de cette fière entreprise (à l'époque, j'ai préféré investir dans un séjour de rêve à Djerba avec Karine, une blonde délicieuse qui ..., bref, c'est pas le sujet) ? Toujours est-il qu'ils se sont probablement fixés comme objectif annuel de me pourrir la vie.

Un exemple ? J'ai fui la région parisienne, en me disant ça fera une voiture de moins dans les embouteillages, un mec de moins dans les queues devant le cinoche, une table libre de plus chez Gégéne. Maintenant j'habite Chantelle, mille habitants. Je peux bosser chez moi, vu qu'entre mon patron et moi il y a un ordinateur et des paquets d'E-mails (et un chèque en fin de mois, quand il y pense). Aménagement du territoire, survie des zones rurales, soulagement des grands centres zurbains, la vie n'est-elle pas magnifique ? Ben non, France Telecom, ça ne leur plaît pas.

Pour me punir, et m'obliger à rentrer dare-dare dans ma banlieue, ils ont trouvé un truc génial : l'étranglement virtuel. Les fameuses autoroutes de l'information, l'Internet haut débit, ça ne passera pas par Chantelle, ni d'ailleurs par aucune ville de moins de 5000 habitants (parlons pas des paysans, de toutes façons, José est condamné et ses semblables avec) : pas de câble, évidemment, mais pas d'ADSL non plus. Pourtant l'ADSL c'est fait pour ça, ça utilise les lignes téléphoniques. Mais France Telecom doit adapter ses centraux téléphoniques, alors rentabilité oblige, nous on peut courir. Et sans le haut débit, on ne pourra pas suivre la concurrence, lenteur de transmission, pas de connexion illimitée. C'est aussi ça la mondialisation, vider les campagnes pour remplir les banlieues et les poches des zactionnaires, tout est bon pour y parvenir.

Vous me direz, c'est normal, c'est à l'état de financer l'aménagement du territoire. Ben alors, qu'est-ce qu'il fout l'état, me dites pas que lui aussi travaille pour le grand capital ? Me le dites pas, je le sais déjà.

Enfin, si Jean Marie passe, on n'aura plus de souci, on écrira à la plume d'oie en s'éclairant à la bougie, et à Chantelle il y a des oies et de la cire, en veux-tu en voilà.


Philippe Banquet

Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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