De quoi se gratter le Front Populaire.


Au secours, c'est contagieux ! J'ai voulu voter Chirac, j'ai voté Chirac, j'ai Chirac. Et avec lui la droite, oui, la vieille droite des familles, celle des notaires, des pharmaciens, des actionnaires, tous braves gens indispensables à la croissance de notre belle économie et surtout des leurs, d'économies.

La droite ! Tout petit déjà, ce mot me terrorisait. Pas de pot je ne suis pas né gaucher, obligé de me servir de la main droite pour survivre, mais mon cœur lui a toujours penché du bon côté, celui du cœur, ce qui prouve que Dieu est communiste, sinon quoi ?

Mais, l'âge venant, je me suis mis à vaciller dans mes convictions. Quoi, la gauche, c'est vraiment ça ? Les syndicats, les professeurs, les intellectuels ? Un conducteur de métro qui débraye et fait piler net de pleins quais de laquais du patronat, un contrôleur du ciel (quelle étrange profession, ils vérifient les papiers des anges ?), un désemployé de la Banque de France (eux, au moins, quand ils font grève ça ne se remarque pas) ? Les socialistes, FanFan la Rosette expliquant comment financer les retraites en piochant dans le trou de la Sécu ?

Pour moi la gauche c'était simple : la guerre d'Espagne, les congés payés, Victor Hugo sur son rocher, Jaurès, Johnny got his gun, Des souris et des hommes, Potemkine, Mandela. Quand une bande de profs vient bloquer un dépôt de bus pour défendre l'intérêt supérieur des enfants qu'ils gonflent à longueur d'année pour se rassurer sur leur supériorité intellectuelle, j'ai du mal à faire raccord, qu'en penserait le Che ?

Alors probab' l'engrenage, un bout de papier dans une urne et hop, le SRAS du démocrate, méga contaminé. Val avait raison, fallait voter masqué.


Philippe Banquet

Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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