Dura lex ou que la loi me préserve.


Parfois la vie nous gratifie d’un clin d’oeil, comme pour nous rappeler que tout n’est pas tout à fait joué. Nous pouvons peut-être accommoder les restes d’espoir qui traînent dans le tiroir grinçant où nous cachons nos vieilles pensées démodées.

La justice aurait donc le sens de l’humour ? Appliquant le libéralisme aux libéraux, un juge insolent vient rappeler à nos capitalistes intégristes la signification du mot contrat. Non, ce terme n’est pas forcément synonyme d’étranglement du plus faible par le plus fort, genre baisse toi bien en avant pour vérifier qu’ en plus l’alinea trente deux met à ta charge les frais de vaseline.

Les génies qui ont trouvé que pour sauver un système social il suffisait d’en exclure ceux qui en ont le plus besoin ne font qu’appliquer l’implacable logique qu’on leur a inculquée par des années de solitude livresque et de jouissances mathématiques nocturnes. Dans le même ordre d’idée s’ouvre un vaste champ de réformes audacieuses : pas de Sécu pour les cancéreux, pas d’aide aux logement pour les locataires, pas de RMI pour les sans-emplois, pas d’allocations familiales pour ceux qui ont des enfants, et hop, plus de déficit, suffisait d’y penser.
Généralisons : expulsons les pauvres, après tout ils n’ont rien à faire dans un pays riche.

Tant qu’on parle de logique, j’en profite pour rappeler à certains (par exemple, au hasard, le petit gros à lunettes qui tripote Ségolène) que le problème reste entier : le système chômage va droit vers la faillite, et brasser de l’air en braillant le long des voies n’a jamais empêché un train de dérailler…


Philippe Banquet

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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