Je me voyais déjà…


Je reviens de loin. Oui, je l'avoue, j'ai eu un rêve de gloire. Moi, si discret d'ordinaire, moi le gagne-rien, le misérable, j'ai voulu y croire.

J'ai envoyé un poème au concours de poésie de la RATP. Après tout, si Zazie a trouvé la postérité dans le métro, pourquoi pas moi ?

Et j'ai été sélectionné ! Oui, oui, moi. Oh d'accord je n'ai pas soumis au compostage du jury un truc genre "vérité romantique", non, juste un petit poème tendre et doux que vous trouverez d'ailleurs à la rubrique textes (le premier qui le dégotte gagne un aller simple Porte d'Orléans/Porte de Clignancourt, le deuxième me doit 150 euros).

Et ça m'a gangrené la tête ! Je me voyais déjà :
- Gagner mon poids en tickets de métro, même si j'ai maigri ça ferait une belle montagne (oui, parfaitement, Val, j'ai perdu un kilo à me ronger les sangs en attendant tes textes).
- La fanfare intercantonale des pompiers bourbonnais guidant mes pas dans les couloirs de République, précédée de blondes à peine vêtues parsemant mes pas de pétales de roses.
- Bénéficier à vie d'une rame privée, décorée Lalique et acajou, qui me transporterait par des lignes secrètes de Balard à Créteil, sans aucune étape.
- Persuader enfin la direction subjuguée par mon génie de prolonger la ligne 13 jusqu'à la station Chantelle-en-Bourbonnais.

Hélas, ou tant mieux, je n'ai pas été retenu, finaliste mais pas lauréat. Dommage, je suis sûr que ça irait bien à mon genre de beauté, la casquette.

L'année prochaine, je fais le concours des Postes, je serai peut-être élu Facteur Cheval de l'année.


Philippe Banquet

Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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