Indicite aiguë.


La bourse souffre. La faute à des margoulins, des truqueurs de comptes. Pas n'importe qui : des PDG de sociétés multinationales, épaulés par un grand cabinet de conseil. Et ce ne sont pas des miettes de centimes qu'ils ont ramassées avec leur petite pelle à nettoyer les colonnes de chiffres, non non, des milliards de dollars, avec des myriades de zéros qui faisaient comme des bulles dans le jacuzzi de leur fortune.

Je souffre. Tous ces actionnaires spoliés, vrai, je suis ému. Une petite larme coule de mon œil, glisse sur ma joue et descend le long de mon cou pour échouer sur mon cœur, absorbée par le coin d'un billet de dix euros qui dépasse de mon portefeuille, seul rescapé de ma paye du mois.

C'est trop injuste à la fin, toujours les mêmes qui trinquent ! Les ceusses qui se frottaient les mains quand les susdits PDG annonçaient des bénéfices records. Ceux qui dissimulaient un début d'érection en apprenant le lancement de superbes paquebots de licenciements, des Titanics flambant neufs partis exploser leur cargaison de chômeurs sur l'iceberg du Dow Jones. In God we trust, ben le God ils l'ont dans le …

Je sais, vous allez dire, Oh tu y vas fort, garçon, et les employés ? Ils cotisaient sagement chaque mois pour que la compagnie qui leur pourrissait la vie à raison de huit heures par jour daigne leur faire l'aumône d'une retraite au soleil cinémascope de Floride : ils ont tout perdu. C'est juste, mais on a l'habitude, au final le monde continue sa vieille comptine : les riches s'enrichissent, les pauvres restent pauvres. De temps en temps un petit mouvement se produit, quelques riches dégringolent et pleurent le paradis perdu. Comme on les comprend.

Non, le scandale, l'insupportable, c'est que Bush, le FBI et Dieu le père sont incapables de garantir le respect de la seule et unique loi du capitalisme bien compris : les riches doivent s'aider les uns les autres, ils ont bien assez de pauvres pour prospérer tranquilles, ou alors c'est la porte ouverte à viva Zapata.


Philippe Banquet

Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
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