Allez zou, soyons fous, allez zou votons Bayrou !
Si l'on m'avait dit, un jour, que, sur mes vieux jours, j'allais virer centriste révolutionnaire, Che Guevara béarnaise, j'aurais sorti mon exemplaire dédicacé du Manifeste, ma copie ronéotée de " Français, encore un effort ! " et de coups j'aurais roué l'insolent prophète !
Et pourtant.
Quand je vois les deux ridicules, la baudruche surexposée brandissant sa féminitude comme unique justification, le diablotin sur son ressort mille fois claqué mille fois rejaillissant " Votez pour moi, votez pour moi !".
Quand je les entends encore et toujours, ressasser, promettre, promettre, ressasser.
Quand je subis une fois de plus ce satané consensus des élites, la suffisance auto-satisfaite : les jeux sont faits, c'est pile ou c'est face, le vote utile, l'épouvantail Le Pen, vote où on te dit ou ne viens pas te plaindre d'avoir sali ton pantalon.
Allez, jouons leur encore la petite musique de notre liberté, comme au référendum, suffit d'envoyer le tractorisé du Béarn au deuxième tour, et zou, pour le coup, ce sera lui le favori !
Oh, je ne me fais guère d'illusions, Bayrou n'est pas Jaurès, Zorro n'est pas Bayrou, mais justement, si on se payait le plaisir moral d'élire, sans illusion, le moins promettant, le moins médiatiquant, le moins " J'ai raison parce que j'ai raison ", peut-être tout simplement le plus humain.
Ségolène Royal : "Je veux, en tant que mère, pour tous les enfants qui naissent et grandissent en France, ce que j'ai voulu pour mes propres enfants".
Nicolas Sarkozy : "La France on l'aime ou on la quitte".
François Bayrou : "J'ai été longtemps un jeune conformiste, et sans doute formiste était-il de trop".
Philippe Banquet
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