Chocolat un jour.
Un matin de cet hiver, devant ma porte, la voiture jaune du facteur. J’ai déjà cotisé pour le calendrier, aurait-il oublié ?
- Un colis pour vous.
Un colis ? Me voici tout à coup, dix ans juste sonnés, en colonie, ou en pension. Le mot magique, le mot miracle, la promesse que ma mère, non, ne m’a pas pour toujours abandonné : un colis.
Dans ce colis, une boîte de chocolats, et sur la boîte, un simple mot :
« Tu aimes toujours le chocolat ? »
Un colis, du chocolat, heureusement que la voiture est jaune et que Marcel des PTT n’a pas rasé sa moustache, je jurerais un rêve, ou les brumes trompeuses d’une pub pour Nicolas Le Petit (deuxième du nom).
J’ai mangé le chocolat, lentement, savourant chaque soir une bouchée noire et douce, enrobée d’une pensée douce et blanche, qui, pourquoi ?
Hier au soir, on a sonné. A cette heure, une erreur ?
- Tu aimes toujours le chocolat ?
- Oui.
- Alors, moi, tu dois toujours m’aimer aussi ?
- Oui.
Et c’était vrai, c’était Karine.
Philippe Banquet
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