Chaleur divine.
Il faisait chaud. Depuis plus d'une heure que j'attendais, pas une voiture n'était passée. Debout au bord de la route, en plein soleil, je marinais dans mon jus, les yeux fixés sur l'horizon. Cinq cent kilomètres me séparaient de ma douce, Françoise, en vacances avec ses parents du côté de Toulon. Elle devait se morfondre sur la plage à m'attendre. J'imaginais ses yeux fermés et les visions de nos deux corps enlacés qui devaient traverser son esprit et mettre en émoi son corps à peine dissimulé par le petit deux-pièces rouge que je lui avais offert avant son départ. Et j'étais là comme un andouille à attendre un improbable Samaritain suffisamment inspiré par Dieu pour passer par cette départementale perdue, me prendre en charge et, qui sait ? m'emmener directement rejoindre mon unique amour.
- Ca va mieux ?
J'avais du mal à affronter la lumière, mes yeux clignaient. Quand ma tête se décida à reprendre du service, la blonde aux yeux verts qui me regardait d'un air inquiet m'expliqua qu'elle avait bien failli m'écraser, elle avait pilé au ras de mon corps étendu en travers de la route. Probablement un malaise dû à un coup de chaleur, j'avais eu de la chance. C'était aussi mon avis. Je me calai dans le fauteuil de cuir en admirant le velouté de ses cuisses, pendant qu'elle redémarrait sa puissante voiture.
D'accord, j'avais dit Samaritain, et je n'ai jamais revu Françoise, mais c'est Dieu qui décide après tout.