Andalouse.


Des furies de la fête m'enfuyant sans regret
je franchis l'avenue pour trouver du silence.
Montant de rue en rue, solitaire en absence,
à perdre ma folie aux ombres du passé.
La blancheur des maisons découpée par la lune
dessinait dans la nuit d'étranges labyrinthes.
Mais d'un porche lointain l'énigmatique empreinte
proposait à mes pas son chemin de fortune.

Passée la lourde porte, le secret d'un jardin
mêlait de plantes altières les rondeurs de la pierre.
A la fenêtre haute, en écrin de lumière,
une femme apparut dans un rêve soudain.
Elle dansait seule et nue comme un ange perdu,
sa peau blanche et lissée, d'un velouté de fruit
éclatait de fraîcheur la chaleur de la nuit,
comme le signe d'un dieu que je n'attendais plus.

Dans le noir absolu, guidé par la guitare,
je fais grincer les marches d'un très vieil escalier.
Un palier à franchir, une chambre envoûtée,
parfum d'herbe et piments, un chat, et son regard.
Je n'ose pas bouger, elle s'approche et sourit.
Je suis pris dans ses yeux, aspiré en délire,
je me noie dans sa peau, son parfum et son rire,
en tornade, en déluge, ruisselant de sa vie.

Une vague déferle et j'ouvre les paupières,
la brûlure et l'éclat, soleil bleu strié rouge.
Le sable est sans pitié, midi et rien ne bouge,
écrasé par le ciel et seul devant la mer.
Se lever, la chercher, et tomber de mon rêve
ou rester, éternel, au chaud des souvenirs.
Garder pour chaque nuit le noir de son désir
et le goût de ses lèvres dans le vent qui se lève.


Philippe Banquet

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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