Un mari conciliant.
Marthe avait un amant. Roger l’avait aperçue l’autre jour en train d’embrasser un homme sur un banc public, de l’autre côté de la ville.
Il en avait conçu une peine immense, car après dix ans de mariage, il aimait encore sa femme comme au premier jour. Le soir, il l’observa alors qu’elle préparait le repas. Ses gestes étaient mécaniques, ses mouvements emprunts de lassitude : Marthe se languissait de son amant, de ses bras puissants, de son odeur musquée.
- Tout va bien, ma chérie ?
Elle eut un soubresaut, puis revint à la réalité : « Bien sûr, mon amour ». Mais le coeur n’y était pas. Marthe n’était pas heureuse, et Roger ne pouvait le supporter. Il se devait de trouver une solution.
Une semaine plus tard, Roger rentra chez lui, chargé d’un paquet enrubanné.
- Marthe, tu es là, ma chérie ? J’ai une surprise pour toi !
Elle sortit de la cuisine en s’essuyant les mains sur son tablier.
- Oh mon chéri ! Un cadeau ! Pour moi !
Et Roger retrouva la Marthe qu’il avait toujours aimée, émotive comme une collégienne ,et terriblement séduisante lorsque ses joues se teintaient du rouge de l’émotion.
Impatiente, elle arracha le ruban, déchira le papier et ouvrit le carton. A l’intérieur, il y avait la tête d’un homme, son amant.
« Tu n’as plus de raison d’être malheureuse, mon amour » expliqua Roger à sa femme qui se mordait le poing, « A présent, il va être là avec toi, tout le temps. Et le soir, dans le lit, nous le mettrons entre nous deux : il sera le témoin muet de notre éternel amour. »
Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
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