In extremis.
Marie avait passé sa vie à chercher le grand amour. Hélas, pas un homme n’avait daigné s’intéresser à elle, ne fut ce qu’une nuit. D’un naturel confiant, elle avait patiemment attendu, en vain : Tandis que toute ses amies s’étaient mariées, avaient eu des enfants, elle était restée seule, sans l’ombre d’une âme pour lui tenir compagnie et la réchauffer la nuit, lorsqu’elle avait froid.
Plus les années passaient, et moins Marie se sentait désirable. A l’heure de la retraite, ses espérances ne semblaient plus qu’une faible lueur. Quelques années plus tard, elle se cassa le col du fémur, et fut mise en maison de retraite. Mais les hommes ne sont pas endurants, et l’établissement était vide de présence masculine. La lueur s’éteignit, définitivement, et peu de temps après, Marie mourut.
On l’enterra dans le cimetière attenant. Quelques semaines plus tard, sous terre, la nature avait repris ses droits, et les vers pénétrèrent le cercueil avec vélocité, semblant crier à Marie :
« Mais nous, on t’aime ! »
Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
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