La condition mouchienne
C’est l’été. Il fait très chaud et les mouches virevoltent sans relâche dans l’air chargé de moiteur. Procurez-vous un de ces rubans enduits de glu que les gens de peu accrochent au plafond de leur cuisine, dans nos campagnes. Munissez-vous d’une punaise, hissez-vous sur une chaise, et pour une fois, faites comme eux.
Puis assoyez-vous, et observez.
L’attente ne devrait pas être longue : bientôt, une mouche insouciante viendra se coller au ruban. D’abord, elle se débattra, mais chacun de ses mouvements, au lieu de la libérer, la condamnera plus implacablement encore à une agonie lente et cruelle.
Ne pas bouger semble plus raisonnable. Dans ce cas, la mort viendra aussi, cela prendra juste un peu plus de temps. En fait, il n’existe pas de solution, et la résignation semble la seule conduite raisonnable. Mais la mouche ne s’y résout pas, et oscille entre période d’apathie et excitation insensée. Dans la violence du combat, elle finira par perdre une aile, voire les deux. Mutilée, épuisée, elle mourra dans l’indifférence générale de ses congénères, qui pourtant, tôt ou tard, finiront par la rejoindre.
Réfléchissez bien : cela ne vous rappelle rien ?
Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
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