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Si le sélectionneur me supplie, je rejoindrai l'équipe de France. Sinon, je regarderai les matchs devant la télé: tant pis!

Des jeunes jouent au football sur un terrain en béton derrière le pavillon ; je m’invite dans leur partie. En moins d’une demi-heure, je plante quatre buts, dont une splendide reprise de volée acrobatique qui manque décoller la tête du gardien, très doué, soit dit en passant, bien qu’il n’ait pas encore tout à fait sept ans. Mais il est connu que la valeur n’attend pas le nombre des années, et d’ailleurs, moi aussi, à son âge, je suscitais les convoitises de nombreux clubs français et étrangers
- le Réal de Madrid pour ne citer que le plus prestigieux, à chaque Noël, et à chacun de mes anniversaires, m’envoyait le maillot de son équipe, avec mon patronyme inscrit au dos, en lettres flamboyantes, au-dessus du numéro 10. Jusqu’à ce qu’une blessure (psychologique, d'après la dizaine d'experts consultés en catastrophe) au genou droit brise net tous mes espoirs, fondés et légitimes, de devenir un jour un joueur célèbre, champion du monde peut-être ! multimillionnaire en tout cas, et par-dessus tout, support publicitaire privilégié pour les plus grandes marques et/ou invité permanent des émissions d’information ou de divertissement à la télévision.

A la fin du match, les petits de mon équipe viennent me féliciter, qui d’une tapette dans la main, qui d’un compliment adorable («bien joué monsieur ! » « à bientôt monsieur ! »).

Moi, modeste, je me contente de faire un signe de croix avant de réaliser un tour d’honneur.


Olivier Hoarau

Lire les comme en terre et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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