Un violon sur la lune
Moi, je ne suis pas poète et tu ne verras jamais le cristal couler au fil de ma plume
Toi, il n'y a aucun mot, aucune phrase, même pas le souffle léger de la prose
Moi, je ne suis même pas artiste pour écrire toutes ces choses, mais trop tard
Toi, tu es la couleur éclatée aux mille éclats d'un matin d'hiver
Moi, j'ai tellement mal d'être un homme, suspendu à une paire de rien.
Toi tu es une femme, exhibant en pleine conscience ce que je ne suis pas
Moi je suis l'indicible doute d'une humanité qui s'effondre
Toi tu es la force, la grâce et l'espoir subtil d'un lendemain meilleur
Moi, j'ai le goût amer du foot et de la bière comme une excuse
Toi, tu regardes avec des yeux plein de tendresse, ces mecs dégueulant leur haine
Moi, je cherche, des nuits entières, dans l'alcool et les temples obscurs, la lumière qui ne viendra jamais
Je vous dois de ne pas être qu'un mâle, un immonde porc, pataugeant dans l'auge de la médiocrité.
Vous êtes ma mère, ma femme, ma fille.
Je fais de vous mon dieu, mon maître et ma vie.