Parano du matin
Un matin, qui suivait de quelques heures, une nuit épouvantable, blanche et grise ...
Bref, mal, aspirine et rosé.
Je décidais, pour redonner un sens à ma vie, de regarder par le trou de la serrure l’intérieur de mon appartement, à genou sur le palier.
Il devait être aux alentours des neuf heures.
J’entends des pas dans l’escalier, c’est la concierge qui fait le ménage. Elle arrive sur mon palier, « bonjour, monsieur » me lance t’elle sans même se retourner. Je lui rends son salut sans pouvoir, comme le veut la bonne éducation, regarder mon interlocuteur dans le blanc des yeux, un des deux étant collé contre le trou de la serrure. J’essaye de pivoter au fur et à mesure qu’elle passe la serpillière. Puis elle reprend sa lente progression dans l’escalier en me remerciant de ma sollicitude.
Quelques minutes passèrent, il ne se passait pas grand chose, dans et hors, mon appartement. De nouveau des pas, plus lourds, beaucoup plus rapides, c’est ce gros sac de facteur, sûr. Bingo. « B’jour, recommandé.. Il me tend le papier et un crayon, je signe, il me remet la lettre et le reçu,
- Bonne journée.
- C’est ça, pareillement.
Putain ça bouge dans l’appart’, des ombres, des bruits, étrange.
J’arrive pas à voir, c’est pas net. Mais il y a quelqu’un ou quelque chose chez moi, et c’est pas moi. Nom de dieu, maintenant que j’y réfléchis, je l’ai toujours su. Des traces, la bouffe renversée, le lit enfoncé.
Des pas, de nouveau dans l’escalier, léger, gracieux, c’est Anne.
- Chéri, t’est pas prêt, on mange chez mes parents à midi, magne !
- Non ? y’a quelque chose là dedans.
- Oui, c’est la même chose que quand tu avais mis les micros.
- Fait chier ton putain de chat, merde.