Mes yeux ont des oreilles.


Je me suis assis devant mon ordi, comme souvent le soir.
J'ai posé un casque sur mes oreilles, ouvert le tiroir du cd et y ai mis un vieux Floyd.
J'incline mon fauteuil vers le sol, mes yeux vacillent.
La grosse caisse martèle son bourdon jusqu'au sommet de mon crâne.
Le monde est aux couleurs, sans l'infranchissable désillusion des mots.
Mon cerveau répand, en une marre gluante, le flot de mes lamentations.
Welcome, le souffle du riff enveloppe mes épaules dans une ouate immaculée.
Je glisse, porté dans le sillage, chaud et profond,
D'une corde de basse vibrante, au bouillon d'un volcan.
Le chant des sirènes m'attire dans le tourbillon, vers l'œil impitoyable,
Le centre de l'univers, l'incroyable miroir des âmes.
Les parois du siphon sont faites d'un assemblage de lettres, de mots,
Et même parfois de bouts de phrases encore lisibles, qui dévalent à une vitesse infinie 
Les pentes de la connaissance. Dans le fond, la bête rit en gobant les yeux du désir.
Amen.


Jean-Roch De Lima

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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