Tu seras un con, mon fils.
(On n'est pas tous le fils de Kipling.)
Plus il vieillit et plus il devient con.
Pourtant ceux qui l'ont connu jeune disent que c'était un type sympa,
J'en doute ou ceux qui l'ont connu sont pires que lui, va savoir ?
Je le vois tous les matins à onze heures quand j'ouvre mes volets,
Il est là, comme un vieux débile dans son fauteuil, sous sa véranda moche, en alu,
Je lui tends un majeur magistral au bout d'un mètre de bras, comme un canon à cons,
Je peux lire sur ses lèvres -" p'tit salaud ".
Un matin il ne sera plus là, sûrement crevé l'animal, j'en sais rien.
Je sais surtout qu'un jour il a été mon père,
Avant que je ne devienne plus égoïste que lui,
Et avec un peu de chance je serai plus taré, plus méchant que lui,
Lui qui a largement surpassé son père et le père de son père avant lui ...
Et c'est ainsi depuis la nuit des temps, mon vieux Darwin.