The song remains the same
Je cours, depuis la nuit des temps, bien avant qu’on invente le printemps et toutes ces choses acidulées qui nous font marcher. Je ne fuis rien ni personne, je cours pour m’éloigner du départ, je me fiche de l’arrivée, seulement ne jamais s’arrêter. J’ai croisé tellement de gens, de rires, de larmes, que j’en ai oublié mon nom.
Un jour que je courais dans les rues de new York, un mur de pur bonheur électrique s’est dressé devant moi, j’ai stoppé net. Un type était là, on aurait dit un guerrier celte, ses yeux avaient le même éclat que ces héros grecs que j’avais croisés il y a longtemps sur le mont Olympe. Il portait en bandoulière la « Lès Paul » mythique, celle forgée aux enfers avant que le monde ne soit monde. J’étais là, immobile, incapable de faire le moindre geste, quand il entama l’arpège divin, le souffle de vie : « stairway to heaven ». Je suis tombé à genoux, ma longue quête s’arrêtait ici, il m’ouvrait les portes.
Je n’avais plus besoin de courir, je pouvais désormais laisser ce corps devenu inutile et m’abandonner aux lumières de l’infini.