Sonnet du canard, Thermostat 8.
Parfois j’entends ta voix par le trou des serrures fermées.
Je fais des ronds dans l’eau comme un canard japonais.
Il y a trop longtemps que j’ai avalé les clés.
Est-ce que tu veux me voir courir ? Hein ?
Il se lève le jour, mon petit amour,
Au bout de tes seins, à l’est de mon oeil.
C’est parce qu’il pleut, que je parle.
Est-ce que tu veux me voir mentir ? Hein ?
Tu n’as jamais pu prononcer mon nom.
La nuit étripe l’ennui, cauchemars fusant en éclairs noirs,
Prédictions, prophéties bondissent et rebondissent sur le blanc capiton.
J’enduis ton corps d’huile d'olive,
Je farcis grassement le canard d’anchois,
Ma foi, haché menu avec du thym et des épinards.
Au sel de tes larmes, au cynisme poivré, barder de lard.
Enfourner.
Quelque chose va changer.