Ton univers pitoyable (de lapin)


Je pensais ne jamais avoir à écrire sur mon boulot.
Trop banal, trop mesquin, trop tout quoi, bref comme le vôtre, quoi !
Eh ben là tout de suite vlà que çà me délie la plume !
Je viens de me faire virer ! (Oui je sais çà aussi c'est banal) mais par un peine à jouir diabétique catarrheux ça l'est moins (c est pour l'insulte, je ne l'ai jamais vu tousser !).

Mais bon voila que je suis convoqué (ça commence toujours comme ça) motif : J'ai eu la malencontreuse idée au cours d'une recherche d'annonce d'emploi (je me doutais de quelque chose) d'en découvrir une qui concernait le poste de directeur départemental qu'occupe un de mes collègues : jeune éphèbe de 53 ans et n'ayant que 15 ans d ancienneté. Mais dont le profil de manageur " père de famille " ne convient pas " à monsieur 37ans-je-tue-je-pète-je-prends-mon-cul-pour-une-trompette " (que je suis gamin !)
Je préviens le pote en question ; ça se sait : je suis convoqué !
Jusque là tout va bien :

Le pelé au regard glauque me suinte une demande d'explication et mes commentaires au sujet de la dite annonce qu'il m'aplatit comme une pizza sur son bureau.
Je fais light :- c'est dégueulasse… (Je sais il m'arrive parfois d'être lyrique.)
Et là j'ai le droit à une sous version d'une pale imitation de " J.R. l'infâme " (pour ceux qui sont nés avant 1960.)
- Ma vie va se briser, plus jamais je ne retrouverai de travail. c'est qu'il connaît du monde le syphilitique (je n' ai pas de preuve mais je trouve ça littéraire)
- Je pourrais toujours faire un " prud'homme " il veillera personnellement à ce que la procédure soit longue et difficile alors qu'il faudra bien que je nourrisse mes gosses 
Et là : le coup de grâce :
- "Je suis un salaud qui a gâché les vacances de mon pote" (si)

Bon après, j'ai décroché : à 46 ans j'ai enfin appris à prendre du recul : j'ai du fric à prendre sur une procédure juridique (c'est moins spectaculaire que le " coup de boule " on perd un peu en satisfaction instantanée, mais le " blême " a au moins raison sur un point : Il va falloir que je nourrisse ma famille.

Donc je laisse mon esprit divaguer au fil des menaces, et des appréciations provocantes, je pense qu'avec un peu de chance il va m'éjecter à la fin de l entretien et que je vais pouvoir éviter les bouchons pour rentrer chez moi (on est le 1er août) Mes yeux sont fixés sur lui " je vois " ses rictus, il ne bave pas mais je n'ai pas de mal à l'imaginer le faire.

De temps en temps il se reprend et me gratifie d'un sourire : " je-maîtrise-la-situation " Bref sa colique verbale s'interrompt il termine sur une phrase dont je chercherai longtemps encore la signification (je vous la livre : - je te souhaite bon vent mais j'te dis pas merde) Il se lève (moi aussi) : - pour toi c'est fini tu prends tes affaires et tu t'en vas (c est bon ! j'évite les bouchons).

Je lance une annonce : si vous aviez un petit bout de pain pour mes enfants ?


Ysab Camari

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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