La Valière.


C’est un bout de plage flanqué de grands pins au tronc pelé,

J'y arrive en ces matins quand les couleurs sont encore diluées.

Je m’assois tout en haut de la petite dune qui la surplombe,
Prenant bien soin de ne pas effleurer le sable qui me le reprocherait.

Je n’y viens pas souvent, juste quand j’ai besoin de ces images là,
De l’air doux qui vient me raconter d’où il vient.

Des odeurs et parfums qui amusent mes sens.

Les quelques galets ici et là, la font ressembler à un jardin japonais.
J’aime les retrouver à leur place, observer la petite douve que la marée à creusée autour d’eux.

Et la mer, au choix, qui s’en va ou qui revient.

Depuis quelques temps l’un d’eux n’est plus là, sombre, luisant, tout rond avec une dépression en son centre,
Ce qui le fait ressembler à un jouet rustique oublié par un géant distrait.

Sûrement pas très loin, sous le sable ou dans l’eau.

La mer s’en va encore et puis finalement revient.

Je suis assis sous les grands pins.

Le paysage est tendre, l’eau, le sable, l’horizon gris ou bleuté.

Et pourtant...

Cette plage là, sans cette pierre là n’est plus tout à fait la même plage.

J'attends tranquille, elle reviendra.


Ysab Camari

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