Hard discount.


Huit ans passés ensemble, et ça s'est fini tout doucement, " bons amis " comme dit la formule, j'ai pris mes cliques je lui ai laissé les claques, j'ai trouvé un autre appart', et je me suis installé en sifflotant, fort, trop fort.

La première nuit, dans mon nouveau canapé déplié, j'ai regardé les murs.

La deuxième j'ai compté les lames de parquet et j'ai décroché deux cent fois le combiné du téléphone, je l'ai reposé cent quatre vingt dix neuf fois. Je me suis raconté que j'étais libre...

La troisième j'ai garé ma bagnole dans le parking en bas de chez elle et j'ai regardé sa fenêtre jusqu'à six heures du matin.

J'ai dû y retourner le lendemain.

Et le surlendemain.

À, des heures durant, ruminer des scénarios à faire des best-sellers chez Arlequin.

À refuser de rentrer chez là-bas avec ces putains de murs nus et ces lames de parquets à la con qui attendent d'être comptées.

À me dire que demain j'irai chez Gifi acheter n'importe quoi pour les habiller et leur donner une existence.

J'ai vu ce mec entrer chez elle et ne pas ressortir, j'ai roulé deux cent mille kilomètres à m'en abrutir.

Bons amis mon cul !

Combien de nuits sont passées depuis ? Comment s'est arrêté le truc ? Je ne sais plus.

Il y a un moment où j'ai dû me laisser, là-bas sur ce parking de merde.

Aujourd'hui quand je rencontre une fille et que je monte chez elle pour la première fois, je me dis qu'en bas sur le parking, il y a un type qui demain ira faire ses courses chez Gifi.


Ysab Camari

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...


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