De trop d’acier, de peu de soie.


Vous ne la voyez jamais sur votre chemin ou quasi pas.
Vous la confondez chaque jour, affairée regardant bas.
Trop souvent seule en petits matins et lourds cabas.
Pourtant elle vit ici, à deux pas.
Femme modèle, de celles qui n’existent pas.
Un mari de fonte qui l’empèse et la réduit à petit pas.

Elle peut briller parfois, d’une lumière contenue, qui ne vous éclaire pas.
Elle vit d’intérieur, fredonne quelquefois et s’endiscrète de sourires las.

Imaginez la,
Et puis non, vous n’y arriverez pas ...

Elle n’existe que quelques minutes chaque soir.
Quand son lot cesse et que l’autre dort déjà.
Dans la pénombre, à l’abri de ce monde là.
Elle s’allume enfin et s’envole en volutes d’apparat.
Elle tourbillonne, s’essouffle, se pose puis s’alanguit,
Fait l’amour et le réinvente à chaque fois.
Elle écarte ses voiles, ses seins blancs palpitent
Son ventre frémit à des caresses d’impensable.

Entre fatigue et désespoir.
Quelques minutes,
Soir après soir.

Elle sert les mâchoires,
Elle jouit en silence ...
Et rejoint dans le noir,
Sa couche froide et ses nuits de cauchemars


Ysab Camari

Lire les comment taire et donner le tien
Un petit commentaire pour le zauteur...
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